Article paru dans le Construire en 2014.

À la tête de « Benne service location » depuis six ans, une société de collecte de déchets, Véronique Kerangouarec a développé une nouvelle activité début 2014: le recyclage du verre. Pour sa nouvelle entité, Recy’verre a été récompensée aux Trophées de l’entreprise, organisés par la CCI et les Nouvelles calédoniennes.

Environnement : Comment vous est venue l’idée de recycler le verre?

Veronique Kerangouarec : En fait, il s’agit d’une suite logique à ma première activité, la collecte de déchets. Je me sens concernée de très près par le sujet et devant la quantité de verre jetée dans les poubelles chaque jour, je me suis lancée dans le recyclage. Ce déchet, auparavant enfoui, est aujourd’hui transformé en agrégats, localement, grâce à un procédé pointu, pour pouvoir être réutilisé dans de nombreux domaines : construction, routes, drainage, dallage, terrains de golf et même décorations. À mes yeux, le recyclage du verre est désormais une vraie filière de valorisation.

« Si nous, petites entreprises, donnons l’impulsion, nous souhaitons aujourd’hui être mieux soutenues dans nos initiatives »

Vous êtes la lauréate du Trophée de l’environnement 2014. Quelle satisfaction tirez-vous de cette distinction ?

Recyclage du verre -Lauréat

V.K. : J’ai déposé mon dossier auprès de la Chambre de commerce et de l’industrie et effectivement ma candidature a été retenue. Dans un deuxième temps, il a fallu passer devant un jury et au final, j’ai décroché la première place. C’était une belle surprise! Même si je savais au fond de moi que j’avais de fortes chances de figurer parmi les trois nominés. Ce trophée est d’abord la reconnaissance d’un savoir-faire et il permet d’acquérir une certaine notoriété. En effet, plusieurs actions de communication m’ont été proposées, ce qui va permettre à mon activité d’être mieux connue. Et la donation de 500 000francs, offerte par la BCI, est un coup de pouce financier non négligeable pour mon entreprise. Ces trophées sont une belle initiative pour encourager et récompenser l’esprit entrepreneurial en Nouvelle-Calédonie, quel que soit le secteur.

Quel est aujourd’hui le message que vous aimeriez passer, notamment dans votre domaine ?

V.K. : S’il est vrai que le gisement n’arrête pas d’évoluer, j’en suis à 20 tonnes de verre collecté par mois. Des objectifs de contrat se réalisent petit à petit. Il faut une réelle volonté institutionnelle pour pérenniser les entreprises de recyclage en général. De mon côté, je ne pourrai jamais concurrencer la scorie, encore largement utilisée aujourd’hui par exemple dans les réseaux routiers. Cependant, j’espère que les mentalités vont évoluer autour d’une  dynamique de valorisation des déchets et d’une prise de conscience collective. Si nous, petites entreprises, donnons l’impulsion, nous souhaitons aujourd’hui être mieux soutenues dans nos initiatives. La valorisation d’un déchet est un travail énorme avec pour objectif prioritaire de réduire l’impact environnemental bien sûr. Mais aussi de créer de l’emploi, de l’innovation. En somme, même si nous faisons partie du tissu économique du pays, nous avons parfois du mal à nous faire entendre.

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Recy’verre: l’initiative récompensée!

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