Article paru dans le Made In de décembre 2017.

La Nouvelle-Calédonie a des savoir-faire, des envies, des qualités, des ambitions. Véronique Kerangouarec cumule tout cela en même temps. Calédonienne qui avance à l’intuition, elle a lancé Recy’verre en 2014 avec une idée en tête: faire bouger les lignes. Pas simple quand l’industrie et le pays tout entier cherchent leur voie…

Véronique Kerangouarec, industrie
Véronique Kerangourec milite pour une industrie moderne, en adéquation avec les préoccupations environnementales de la société calédonienne.

« À mes yeux, l’industrie calédonienne doit aller vers une certaine autonomie ou plus exactement vers une forme de liberté », lance l’industrielle spécialisée dans le retraitement du verre. C’est bien avec l’envie d’apporter sa pierre à l’édifice que Véronique Kerangouarec a fait le pari un peu fou d’ouvrir son usine pour faire de ce déchet un atout pour l’économie locale en général. Et après quatre années d »activité, de bataille, d’argumentation, la chef d’entreprise est plus convaincue encore que l’industrie environnementale représente une partie de l’avenir du secteur.

Aussi difficile soit le chemin à parcourir… « Le processus n’a pas été simple mais aujourd’hui, j’ai convaincu les institutions de s’engager dans la récupération du verre et les banques de me suivre pour fournir un matériau qui soit une alternative au sable ». Recy’verre est à l’équilibre, pas plus, mais Véronique continue de se battre. Pour son industrie et pour l’idée qu’elle défend pour le territoire.

Une industrie plus belle

Pour l’heure, déplore-t-elle, industrie va de pair avec pollueur dans l’esprit de tous. « Mais cela peu changer si l’industrie donne du sens à son action en participant elle aussi au mouvement en faveur de l’environnement. Elle n’en sera que plus belle, plus propre, plus valorisée ». Pour avancer vers cet objectif, pas de mystère, affirme-t-elle, les initiatives privées doivent se multiplier. Les investisseurs militants doivent prendre des risques, en synergie, en complémentarité et sans éparpiller les forces vives. Car si les avancées viennent toujours des initiatives privées, estime la responsable de l’unité, le secteur du recyclage et de la valorisation doit encore prendre beaucoup de vigueur. « Même au sein de la Fédération des Industries, on sent bien que, certes il y a une sensibilité, mais elle est encore ténue: l’environnement, les déchets, on n’en parle pas encore naturellement ».

Pourtant, l’idée semble faire son chemin à en croire les premiers résultats des États généraux de l’industrie. Parmi les propositions à fort impact, l’une d’elle est intitulée « investissement vert ». Son but est d’inciter les investissements écoresponsables, la valorisation des déchets, la diminution des impacts industriels sur l’environnement… Le mouvement serait-il lancé?

Faire les choses bien

Le vœu est formé, reste à lui donner corps. Pour y parvenir, Véronique Kerangouarec nourrit des espoirs dans la naissance d’une filière de valorisation des déchets. « Il n’existe pas grand-chose, profitons-en pour démarrer doucement mais sûrement, pour avancer intelligemment, en pleine conscience de la réalité calédonienne et des besoins du territoire ». En clair, le territoire ne peut pas tout faire, mais ce qu’il peut réaliser, il se doit de le faire bien! « Il nous faut penser le mouvement avec du sens, avec de la cohérence. Soit nous allons trop vite et cela coûtera cher à tout le monde. Soit nous avançons pas à pas mais ensemble, en impliquant tous les acteurs de la société calédonienne ».

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Véronique Kerangouarec, pour un avenir vert

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