Article paru dans le CCI Info d’août 2014.

« Le verre est une matière qui me touche, ce qu’on peut faire avec m’impressionne. Et je trouve dommage de le gaspiller », confie Véronique Kerangouarec. Tout naturellement, elle a donc entrepris le recyclage de ce matériau qu’elle considère noble. Et ainsi est né Recy’verre. Rencontre…

Sa machine broyeuse installée dans un dock de Numbo lui permet d’obtenir différentes granulométries, autrement dit, des grains plus ou moins gros. Le principe consiste à introduire les bouteilles (ou autre objets en verre) à recycler dans la broyeuse. Selon les besoins du client utilisateur, Véronique Kerangouarec choisira les couleurs de verre qu’elle introduit dans la machine. « Le principe est simple, explique-t-elle, le verre, c’est à la base du sable, je me contente de lui redonner sa forme d’origine pour le réutiliser. » À la sortie, on obtient donc des grains de verre, appelés calcins, plus ou moins gros grâce à des tamis différents, et dont la couleur dépend du verre que l’on a introduit dans la broyeuse. « Je suis allée chercher ma machine dans la campagne new-yorkaise! Elle produit deux tonnes par heure. En introduisant deux tonnes de verre, on obtient deux tonnes de calcins. »

Les grains de verre, un substitut au sable et à la scorie

Cela fait déjà cinq ans que Véronique opère dans le secteur de la collecte de tous types de déchets. Elle a pu observer le destin de nombreux déchets non revalorisés sur le territoire et c’est ainsi qu’est né Recy’verre.

Recy'verre

« Le verre recyclé sous forme de calcins peut être utilisé à la place de la scorie ou du sable. On peut marcher dessus, rouler dessus. On peut en faire des chemins forestiers, l’utiliser en sous couche dans la construction de route, en faire des objets décoratifs ou l’utiliser dans les filtres à piscine. En Nouvelle-Zélande, ils ont les moyens de produire des dalles ou des briques en verre, c’est magnifique! », se passionne-t-elle.

Collecter pour protéger l’environnement

Et côté matière première, alors? « Les industriels et certains particuliers m’approvisionnement en verre. Les industriels paient 30% de moins par tonne en recyclant leur verre avec moi plutôt qu’en le faisant enfouir. Les particuliers qui viennent jusqu’à Numbo ne paient pas. » Véronique collecte aussi le verre à domicile et certaines grandes entreprises du Caillou mettent actuellement en place un système de collecte destiné à leurs employés. Ceux-ci ramènent au bureau leurs déchêts en verre que Recy’verre vient ensuite récupérer. « Je considère que nous polluons tous, donc nous devons tous payer un peu. Si je ne faisais pas payer la collecte du verre, je ne pourrais pas avoir un tarif aussi compétitif auprès des industriels. »

Et ses objectifs pour plus tard? « Je souhaite proposer un produit 100% recyclé localement qui serve d’alternative à des matériaux qu’on utilise quotidiennement. Par exemple, à Tahiti, une majorité du verre est recyclé localement et réintégré dans les routes. Ici, les communes ne mettent pas en place de système de collecte. Il est essentiel de sensibiliser les personnalités politiques au recyclage. » Comme le dit Véronique Kerangouarec, levez vos verres « à la santé de la planète »!

 

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Recy’verre… la marchande de sable

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